Un fragment écrit en hongrois

volt ez
volt ez valaha
egy pillanatig
egy napon
igaz
igen
volt ez valaha igaz
       egy pillanatig
létezhetett ez egykor
      igen egykor
     volt ez valaha igaz
       létezett ez valaha
ez az
     létezett
      igen
      létezett

Lorsqu'il est prononcé

Traduit en français

est-ce que 
est-ce que ça a été            
 est-ce que ça a été 
à un moment 
un jour 
vrai

est-ce que ça a été vrai 
à un moment 
est-ce que ça a pu exister un jour 
oui      un jour
    est-ce que ça a été vrai 
est-ce que ça a jamais existé 
c’est ça 
existé

Informations sur sa langue

le magyar (prononcer modior, avec un o entre le a et le o français), ou hongrois est une langue finno-ougrienne de l’ensemble des langues ouraliennes.
12,5 millions de personnes le parlent en Hongrie, et dans la diaspora
elle s’écrit depuis le XIe s dans une forme adaptée de l’alphabet latin, est parlée en hongrie, Voïvodine (Serbie), en Roumanie, en Transcarpathie (Slovaquie), dans le Burgenland (Autriche), en Croatie et par la diaspora.
il y a neuf parlers de hongrois
c’est une langue agglutinante, les affixes (préfixes et suffixes) s’attachjent au radical du mot qu’ils modifient. il peut y avoir plusieurs affixes par mot, qui sont placés dans un ordre précis selon leur fonction.

Sa typographie (open source)

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Comment il a été composé

jegyzeteket#3 (csavarogni) notes#3 (vagabonder)
dimanche 26 octobre 2008

1. le 25 octobre, 7e jour
2. le 26 octobre 8e jour

1. le 25 octobre, 7e jour

csavarogni vagabonder
ugyanitt ici-même, en ces lieux
ugyanitt en ces lieux
csak itt seulement ici
ezen a területen dans ce territoire
“qu’avons-nous ? des noms, des lettres, des sons, des dérivations, des translitérations (je souligne). nous n’approchons les formes des mots qu’avec respect. c’est un tel pouvoir secret. quand le nom lui-même est secret, sa puissance et son influence en sont magnifiées. un nom secret c’est une façon d’échapper au monde. c’est une ouverture dans le soi”
in Les noms, Don de Lillo, Babel, 1990, édition originale datant de 1982, Knopf New York

c’est la forme du mot qui importe, la forme que prend les lettres assemblées
les langues, dans une même famille d’origine, assemblent chacune les lettres selon une logique qu’elle s’est construite…

ce fantasme d’une langue une en origine
d’où honnan
eredetileg à l’origine
quelle origine melyik eredet

nous n’en sommes pas encore là ennyire még nem

itt ici
ebben az területban dans ce territoire (ban : dans)
ugyanitt ici-même en ces lieux
ugyanitt csak seulement en ces lieux
itt csak(hogy) seulement ici
ebben az területban
hány (melyik) terület quel territoire
igen oui
hány terület
ez az c’est ça
itt van être ici
par quel endroit (passage) mindyen rézslet
melyik hely(ében) à quel endroit
merre de quel côté
d’où parler honnan szól
honnan d’où/ de quel côté
de quel droit ? minö jogon ?
hany dans quelle dimension dimenzió(ben)
c’est ça ez az
ez az egyelöre c’est ça pour le moment, jusqu’à nouvel ordre
ezen idöben dans ce temps-là
ez az ezsn idö c’est dans ce temps-là
és egy idöben et en même temps
vagy tálan (tán) ou peut-être
semmikor jamais / jamais, à aucun moment
vagy tálan semmikor
ez az aránytalanul ??? (mesure sans) c’est sans mesure
még aranylenül (? ??) encore sans mesure
nem arany sans aucune mesure

csavarogni vagabonder
azáltal de cette manière-là
ezen túl kell esni il faut en passer par là
azáltal de cette manière-là

NB : je commence à trouver la sonorité des mots français, des noms de lieu, étrange. le son connu s’il ne devient pas un son étranger n’est plus aussi naturel, immédiat

vient l’idée d’une installation qui traverse les deux langues
qui représente la langue par sa densité

l’écriture courte et sans majuscules et dense, dans un rythme entrecoupé — pour autant que je puisse en juger sans comprendre le sens des phrases — de Sütö Csaba András dans disintegration chez Orpheusz, 2008

PS : jutottunk
merre de quel côté
honnan d’où/ de quel côté
melyik területen quel territoire (? ?)
oda ahol là où

2. le 26 octobre 8e jour

vagyis c’est-à-dire (ou) azaz

entrer dans la langue pour ajouter aux sensations physiques (sonores et visuelles) émotives
du temps
une mémoire
qui transforment l’expérience sensible
en mots
en pensée

de quelle nature peut alors être l’espace peuvent être les espaces ainsi créés dans un lieu qui n’a pas été appris ?
il ne peut être que de l’ordre de l’événement, du temps contracté de l’action
les espaces formés ne peuvent qu’être empreints d’une telle énergie

du trouble, donc

entrer en hongrois en y écrivant
en retour en être affecté, et touché
déplier un ensemble d’espaces (qui sont aussi des textes)

NB : chaque ensemble de mots sert à faire passer à la fois ce qu’ils disent mais aussi, en majeure partie, un ensemble d’autres éléments (communication non verbale) qui sont en plus grande part dans le langage…
chaque mot est compris d’une manière similaire par tous et en même temps chacun y a ajouté des nuances propres liées à sa propre expérience en somme, le propre du mot est d’être constitué d’un espace, un noyau (re)connu de tous et d’agglomérats d’espaces à chaque fois différents selon celui qui s’en sert. personne ne comprend ce que l’autre dit
jamais